Désintoxication digitale : 72 heures sans Internet

La semaine dernière, le journal Le Défi Quotidien a publié un dossier sur la désintoxication digitale pour lequel le journaliste Kinsley David m’avait posé quelques questions il y a une quinzaine de jours. L’article final est accessible sur le lien suivant:

http://www.defimedia.info/defi-quotidien/dq-societe/item/71590-desintoxication-digitale-72-heures-sans-internet.html

Ci-dessous l’intégralité de mes réponses pour ceux que cela peut intéresser:

1. Pourquoi est-ce aussi difficile aujourd’hui de vivre sans être perpétuellement connecté ? Sommes-nous devenus paresseux ou fainéants ?

La connection internet fait pratiquement partie des besoins primaires dans le monde moderne puisque la plupart de nos informations nous proviennent par ce biais et nous vivons dans la société de l’information. Bientôt, nous ne pourrons pas imaginer vivre sans accès à Internet, tout comme c’est devenu le cas pour l’eau courante, l’électricité, le téléphone, la radio, la télévision, entre autres. Chaque vague et chaque invention technologique et médiatique apporte bien sûr des questionnements, des doutes, des critiques, et il faut donc s’adapter et revoir notre mode de vie de manière saine et raisonnée. En attendant la maturité, beaucoup se laissent entraîner par des tendances extrêmes, des comportements d’addiction, des usages frivoles. Il s’agit simplement pour chacun de trouver l’équilibre qui permette l’utilisation optimale de ces nouvelles technologies tout en préservant des comportements sains et plus bénéfiques à notre corps et à notre intellect.

2. Que s’est-il passé aux moyens traditionnels de communication tels que le courrier, entre autres ? Est-ce une bonne chose de se fier uniquement à la technologie pour communiquer que ce soit dans le contexte professionnel ou familial ? – Impact d’une hyper connexion sur les relations – professionnelles et familiales ?

Les moyens de communication traditionnels continuent à exister et à innover. D’ailleurs la livraison de paquets augmente grâce au commerce électronique. La technologie permet de rendre tout cela plus efficace, plus rapide, plus fluide et surtout avec une excellente traçabilité. Bien sûr, c’est dommage que nous perdions la faculté d’écrire de belles lettres à la main. Mais il faut savoir qu’avec Internet, c’est la démocratisation possible de la communication que ce soit en termes de flux ou de formats.

Il s’agit cependant d’inculquer les bases de la Netiquette à tous. Il y a aussi un travail de ‘media and technology literacy’ à accomplir car tous ne savent pas nécessairement quand et comment communiquer, comment rechercher l’information et l’importance du partage d’information. Il nous faut aussi apprendre à gérer l’interférence de ces technologies sur les relations et interactions non-virtuelles. Par exemple, apprendre à socialiser et savoir converser avec les autres en présence. Cela commence par les parents qui doivent établir, pour les très jeunes, des règles subtiles (et donner eux-mêmes l’exemple) sur l’usage du mobile. Dans beaucoup de familles, ces outils sont devenus des baby-sitters et les parents n’engagent pas la conversation avec leurs enfants. Hier c’était la télévision. Aujourd’hui ce sont le téléphone, la tablette ou la console. L’outil importe peu. C’est à nous de réguler nos propres comportements.

3. Quel est votre avis sur la digital détox ? Êtes-vous d’avis qu’il est important de se déconnecter de temps en temps et de retourner aux sources ? Quel est l’équilibre à maintenir pour ne pas être accros à la technologie ?

La digital detox, c’est bien mais c’est comme les régimes alimentaires. On en fait pour un moment et puis on rechute. Il faut plutôt prendre conscience des comportements, avoir des programmes de ‘media and technology literacy’ à l’école, trouver moyen de faire en sorte que les gens tirent un bénéfice de cette avalanche d’information qui nous est tout à coup accessible pour améliorer notre vivre ensemble. La technologie n’est qu’un outil. C’est à nous de la façonner, de nous l’approprier sainement, de l’utiliser à bon escient et surtout d’être plus créatifs au lieu d’être des consommateurs passifs de contenus uniquement frivoles.

Le français dans la presse à Maurice

Voici les diapositives utilisées vendredi 20 mars à l’Université de Maurice pour la table ronde lors de Journée de la Francophonie 2015.

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Sondage
Résumé des avis exprimés par les internautes (usagers et journalistes) en mars 2015 à la question “Que représente pour vous l’utilisation du français dans la presse mauricienne”

Avis négatifs

– On est surexposé au français, des journaux, aux pubs (parfois très mal faites), à la télé, même les chaînes satellitaires, sont principalement en français. Bien que tout cela répond à une demande, ce serait bien d’inclure d’autres langues.
– Un refus d’assumer notre créolité.
– Un complexe d’infériorité vis-à-vis de l’ancien pouvoir colonial.
– Un signe d’affectation des élites, un symbole de l’impérialisme culturel qui aliène la population du débat démocratique et de la création artistique et culturelle.
– Une mise en opposition des journalistes qui l’utilisent pour masquer leur médiocrité anglophone

– C’est un français créolisé.
– Trop de fautes
– C’est une langue qui perd tout son sens quand elle est employée par certains acteurs des médias locaux ! Français sommaire, fautes d’orthographe, de grammaire et de syntaxe.
– Certains parents interdisent la lecture des journaux!
– Ce n’est pas tant le français qui est le drame mais bien l’écriture journalistique. Je ne connais personne qui sait agencer ses phrases à Maurice.
– Les secrétaires de rédaction étrangers se moquent du français mauricien.

Avis positifs

– Une grande place dans notre patrimoine car le français fait un appel vibrant à notre histoire (en particulier celle de la presse).
– C’est un fait historique qu’à la prise de l’île – une colonie française – les Anglais étaient considérés par les colons français comme des envahisseurs. Par conséquent, le français, avec toute sa charge culturelle, était devenue “la langue de la Résistance.
– S’il existe un pays où la langue française est en progrès, c’est bien Maurice, où elle occupe une place, presque insolente, dans les médias: presse, médias électroniques, dans les activités sociales, et j’en passe.

– Le français reste la langue naturelle du Mauricien, la première langue pour beaucoup.
– Le français est plus abordable, étant plus proche du créole, pour ceux qui ont un niveau d’éducation plus faible. C’est une ineptie que l’anglais soit privilégié par l’administration.
– Une langue n’est pas un objet de musée à être admiré, mais un outil de transfert d’information et de communication donc le français est plus approprié pour les médias. Il peut être lu, entendu et compris par plusieurs publics.
– Le français s’écrit plus facilement que le créole.
– Le français restera la meilleure langue de communication tant que le créole ne sera pas reconnu comme une langue de valeur égale à celle des langues asiatiques ou européennes.

– Pour la diaspora mauricienne en terres anglophones, le français des médias mauriciens en ligne permet de se replonger dans la culture locale car leur enfance et adolescence ont baigné dans le français que ce soit pour l’école ou les médias.
– La jeune génération de Rodrigues (7 et 9 ans) parle un français impeccable et trouve cela joli.

Constats

– Le journalisme utilise un français simplifié / un français journalistique “natif” pour toucher l’audience la plus large possible.
– L’Internet fait basculer vers l’anglais mais le français domine toujours dans les médias en ligne mauriciens.
– Toutes les langues se valent du moment qu’elles servent à transmettre les messages. Il faut se décomplexer et cesser de mettre en opposition.

Sondage sur les médias et le genre

Sondage
Je fais en ce moment une étude sur le genre et les médias et je souhaite avoir l’opinion des journalistes dans nos rédactions afin d’offrir une vision basée sur votre réalité au quotidien. Je souhaite vous donner la possibilité d’exprimer votre opinion à vous en tant que journaliste!
Si vous êtes journaliste, merci de bien vouloir répondre à ces quelques questions. Vous pouvez répondre aux questions ouvertes dans la langue de votre choix.
Cliquez ci-dessous la version qui vous convient:
Si vous souhaitez partager votre expérience ou des opinions sur ce sujet, n’hésitez pas à me contacter (chanssc@uom.ac.muou christinameetoo@gmail.com). Merci aussi de partager avec vos collègues ou amis qui pourraient participer à ce sondage.
Toutes vos réponses seront traitées en toute confidentialité. Vous pourrez accéder aux résultats globaux du sondage à partir de ce formulaire.
Merci infiniment pour votre collaboration!
Cordialement,
Christina Chan-Meetoo

Round Table on Gender – Presentation on Gender and Media

Here are the slides that I used today for the Round Table on Gender Equality (Egalite Zom-Fam) which was organised by the Ministy of Gender at the Paul Octave Wiehe Auditorium:

RoundTable-Gender-Media-7March2015-chan-meetoo

Also a gallery of images which I showed during the session:

Some publications on FOI and media self-regulation

You can now view some of my publications on FOI and media self-regulation at: https://comstudies.wordpress.com/2015/02/20/publications-on-foi-and-media-self-regulation/

Presentation on Ethical Reporting on Gender-Based Violence

Here are the slides (which I have expanded) used for the presentation on Wednesday 9th April about Ethical Reporting on Gender-Based Violence at the University of Mauritius.

For information, the workshop was organised by the Ministry of Gender and aimed at helping aspiring journalists to understand the issues related to GBV, the work being done to support victims/survivors of GBV and how to report on GBV in an ethical manner.

Les courts métrages mauriciens

Voici une copie de la présentation que j’ai faite ce matin lors du congrès du CIEF à Grand-Baie dans la session sur le cinéma.

La communication s’intitule ‘Le court métrage de fiction dans la sphère médiatique mauricienne’.

Courts-métrages-mauriciens-Chan-Meetoo


About this blog

Christina Meetoo is a Senior Lecturer in Media and Communication at the University of Mauritius. Her areas of interest include cultural studies, film theory, journalism and new media inter alia. Her blog was first hosted by Blogger in May 2006. It was moved in August 2006 to the family domain noulakaz.net before finally landing at the current address on the 7th March 2007. During the 8 months period (Aug 2006 to Mar 2007) on noulakaz.net, the blog received 30,540 hits.

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